Le foin c’est du foin: comment s’y retrouver?

Le foin constitue l’aliment majoritairement servi aux chevaux. Il est sécuritaire car il permet aux organes digestifs de bien fonctionner. Il donne du volume à la ration, favorise la mastication et la production de salive; toutes deux essentielles à une bonne digestion. Il est très important de s’assurer que le cheval consomme un minimum de 1 % de son poids vif en fibre longue de fourrage. Toutefois, les foins ne sont pas tous équivalents et la qualité de ces derniers est importante afin d’éviter des problèmes d’ordre digestif et respiratoire. La qualité du foin sera plus facile à évaluer dans les petites balles rectangulaires car le centre est accessible une fois les cordes coupées. Par contre, elles demandent beaucoup plus de manutention. Les balles rondes demeurent une solution économique mais la qualité sera plus difficile à évaluer étant donné que le centre de la balle est plus difficilement accessible.

L’évaluation visuelle de la qualité d’un fourrage est un bon indicateur de la disponibilité des éléments nutritifs, tels que l’énergie, la protéine, les minéraux et les vitamines. Cependant, si cette méthode demeure la principale pour choisir votre fourrage, il faut rechercher un foin de couleur verte, souple et ayant une odeur agréable. Il doit être exempt de poussière, de moisissures – ne contenir aucun débris – car les chevaux sont susceptibles aux troubles respiratoires causés par la poussière et aux coliques causées par les moisissures.

La poussière contenue dans le foin est un signe que ce dernier a été pressé trop humide et qu’il a chauffé lors de son entreposage. Le foin récolté dans de mauvaises conditions ou engrangé depuis plusieurs années sera peu appétant et n’aura qu’une faible valeur alimentaire. Indépendamment de l’espèce fourragère, moins le foin sera fibreux, plus le cheval en ingèrera, et plus il sera digéré facilement. C’est pourquoi il faut choisir un fourrage qui possède des tiges minces et un ratio feuilles/tiges élevé. Étant donné que la maturité de la plante avance avec le temps, la quantité de fibres augmentera aussi et la digestibilité du fourrage en sera compromise.

Le foin séjourné au champ, après la fauche, prendra de deux à trois jours pour sécher. De cette façon, le foin engrangé se conservera de façon sécuritaire, en ayant un taux d’humidité inférieur à 15 %. Le foin pourra être pressé en petites balles rectangulaires ou en balles rondes et se conservera toute l’année sans l’ajout d’additif. Les conditions météorologiques changeantes ne permettent pas toujours d’avoir quelques jours consécutifs de beau temps. Parfois, il faut prendre le risque de presser la récolte, à un taux d’humidité supérieur à 15 %.

Pour palier à cette situation, il est recommandé de placer les petites balles rectangulaires sur des séchoirs qui permettent une circulation d’air à travers les balles et qui aident à abaisser le niveau d’humidité tout en conservant la qualité. Toutefois, ce procédé à des limites et l’utilisation d’un additif devient nécessaire. Un additif comme l’acide proprionique (Solution Foin) a démontré son efficacité. Le degré de détérioration reste nettement moins prononcé que lorsqu’aucun additif n’est utilisé. Certains combineront l’utilisation d’un séchoir et d’un additif, d’autres l’utilisation systématique d’un additif à titre de prévention et d’autres seulement lorsque les conditions climatiques tournent au désavantage.

Les bactéries dans le gros intestin produisent des acides organiques, comme de l’acide proprionique. Les acides sont métabolisés par les différentes voies de l’organisme du cheval. On retrouve donc, dans le système digestif du cheval, le même acide utilisé pour la conservation du foin. L’utilisation d’un additif, comme l’acide proprionique, donne un outil supplémentaire lors de la récolte, afin d’engranger du foin de qualité, de s’assurer de sa conservation et de sa valeur nutritive.

L’espèce de graminée la plus populaire est la fléole des prés, communément appelée le mil. Cette plante convient à l’alimentation de la plupart des chevaux, par contre, son apport en protéine demeure limité pour des sujets en croissance et les chevaux ayant des exigences nutritionnelles élevées. En général, le foin de graminées sèche plus facilement que celui contenant des légumineuses et en fait un foin normalement sans poussière. Il existe aussi du foin de légumineuses qui se compose principalement de luzerne ou de trèfle et se caractérise par sa haute valeur nutritive. Ce type de foin est riche en protéine et en minéraux comparativement à celui majoritairement de graminées. La plupart du temps, les graminées et les légumineuses sont semées en mélange afin d’obtenir un foin équilibré en éléments nutritifs.

Pour connaître la valeur nutritionnelle d’un fourrage, il est souhaitable d’accompagner cette évaluation visuelle par une analyse infrarouge, qui assurera la valeur alimentaire du foin et qui permettra de choisir le bon concentré. Est-ce que c’est plus clair maintenant?

Par Martin Couture, t.p. Expert-conseil en production laitière et ruminants, La Coop Profid’Or

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5 réflexions au sujet de « Le foin c’est du foin: comment s’y retrouver? »

  1. Qu’en est-il du foin humide ou semi-humide (balles enrobées) pour les chevaux ? Je sais qu’il est souhaitable qu’ils soient vaccinées contre le Botulisme mais je crois que l’apport en protéÏnes est plus élevé.

  2. Ping : Pour comprendre l’ensilage « La Coop Profid'Or

  3. Bonjour M, Leblanc,
    Quel est le meilleur mélange de semence pour l’alimentation de qualité d’un fourrage destinée aux chevaux..

    Merci de partager vos connaissances.
    Bonne journée!
    Marlyn Bazinet

    • Bonjour

      Il est difficile de répondre à cette question, car cela dépend de plusieurs facteurs : est-ce que l’on parle de semences fourragères afin d’implanter un pâturage ou bien d’en faire un champ de foin? Quelle est la condition générale et le niveau d’exercice de vos chevaux ?

      Cela permet de bien cibler ce dont vous avez besoin. Par exemple, des chevaux qui ne travaillent que très peu d’heures par semaine n’auront pas besoin d’un foin de légumineuses. De plus, ce ne sont pas toutes les plantes fourragères qui ont une bonne survie au pâturage. Un autre exemple, la luzerne est une plante plus sensible au piétinement.

      Nous avons plusieurs mélanges disponibles :
      – Le mélange #1961 est un mélange 100% graminées composées de mil, brome et dactyles qui est polyvalent, donc pour le foin et les pâturages. Il est particulièrement intéressant dû à sa «double fin» et a une bonne valeur nutritive.
      – Il existe également le mélange A, qui est plus économique. Il est composé à 50% de mil et 50% de trèfle et de luzerne. C’est un mélange qui peut avoir une valeur nutritive un peu plus élevée due à la présence de légumineuses.

      Bonne réflexion !

      Jacques pour La Coop Profid’Or

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