Échantillonnage géoréférencé et application à taux variable

Photo provenant de John Deere www.deere.com

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Dans cette ère où l’agriculture de précision apparaît comme le nouveau cheval de bataille du monde agricole, plusieurs outils sont offerts aux entreprises pour les aider à améliorer la rentabilité des terres et l’efficacité des opérations effectuées dans le champ. En effet, la présence du GPS sur les machineries et l’utilisation de différents systèmes d’information géographique (SIG) permettent de recueillir directement sur le terrain des données géoréférencées, de les visualiser, de les traiter, d’en faire le diagnostic et le suivi et de les cartographier. Ces systèmes offrent la possibilité d’établir une stratégie d’échantillonnage qui servira à définir des zones de gestion. Ces zones, avec l’appui de certains autres outils, permettront de travailler l’application à taux variable (ATV).

L’échantillonnage géoréférencé peut être fait de plusieurs façons, soit par le positionnement de points aléatoires, soit par échantillonnage avec grille (1 point/ha) ou encore en positionnant des points selon la superposition des rendements. Cette technique permet d’échantillonner le sol directement dans les zones problématiques du champ et ce, avec beaucoup plus de précision qu’un échantillonnage standard. En effet, il consiste à faire un prélèvement par hectare au lieu d’un aux dix hectares pour un échantillonnage composite. Il apparaît évident que l’échantillonnage géoréférencé d’un champ est préférable pour faire de l’application à taux variable, car il permet de réduire la variabilité du sol et de localiser sa teneur en éléments, bref de faire un diagnostic rapide et efficace des zones problématiques.

L’application à taux variable permet de gérer les doses d’engrais à appliquer dans différentes zones du champ. On obtient ainsi une diminution de la variabilité du rendement en réduisant les doses appliquées dans les zones à bon rendement et en appliquant la bonne dose dans les zones problématiques, ce qui réduit les risques de sur/sous-fertilisation du champ (tableau 1). De plus, l’apport d’éléments fertilisants appliqués dans ces zones est directement lié au résultat des teneurs obtenues par les analyses de sol. La prescription d’engrais à appliquer est établie en fonction d’une carte d’ATV réalisée à l’aide d’un SIG. Cette carte nécessite l’élaboration d’une couche (shapefile) des zones de gestion liées aux différents taux d’applications qui y sont associés. Outre le fait de pouvoir cibler exactement les zones de gestion, l’application à taux variable est avantageuse sur le plan financier. Cet avantage est surtout dû à l’amélioration du rendement des cultures, mais aussi par la réduction du chevauchement des passages lors de l’application.

En conclusion, l’application à taux variable et l’échantillonnage géoréférencé sont des outils incontournables pour l’agriculture de précision. Le but de ces outils est de définir des zones de gestion dans le champ et d’enrayer les problématiques qui s’y trouvent, pour ultimement améliorer le rendement des cultures et engendrer plus de profits dans les coffres de l’entreprise. De plus, ils permettent d’uniformiser les rendements et de prévenir la sur/sous-fertilisation des terres. En plus de ces outils, d’autres sont aussi utiles pour améliorer le rendement d’un champ, entre autres les cartes de sols, de conductivité électrique, de rendement, les photographies aériennes et plus encore. Avec le prix actuel des terres agricoles, parions que plusieurs se tourneront vers l’agriculture de précision pour améliorer leurs propres terres plutôt que de dépenser des sommes colossales pour acquérir une plus grande superficie.

Tableau 1 : Méthodes d’échantillonnage vs application ATV

Tableau AD

 

 

Le tableau ci-dessus démontre que l’ATV nécessite plus de chaux que la méthode à taux fixe ou par type de sol. Toutefois, la méthode par zone de gestion permet d’appliquer la bonne dose sur 78 % du champ versus 9 % ou 23 % pour les deux autres méthodes. De plus, on remarque une diminution considérable du surchaulage et du sous-chaulage pour l’application à taux variable.

Par Jonathan Beaudry, Expert-conseil géomatique, La Coop Profid’Or,  Collaboration de Pierre-Luc Brouillette, agr.

jonathan.beaudry@profidor.qc.ca

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